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Les meileurs films d’Afrique et de ses diasporas arrivent à la 19ème édition du Festival de Cinéma Africain de Tarifa

Cet évènement se déroule du 27 mai au 3 juin dans la municipalité andalouse de Tarifa, une ville transfrontalière entre le Maroc et l’Espagne

Le festival s’ouvrira avec le film nigérien Marcher sur l’eau, et se clôturera avec le film somalien La Femme du fossoyeur

Tarifa, mai 2022. Le Festival de Cinéma Africain de Tarifa fête sa 19ème édition avec une sélection officielle composée de films venant de Tunisie, de Sao Tomé-et-Principe, d’Éthiopie, d’Égypte, d’Haïti, de La Réunion, du Rwanda, de la République Centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, de la Guyane Française, du Nigéria, de la Guinée Bissau, de Madagascar et d’Angola, ainsi que des rétrospectives, dont une grande consacrée aux liens entre le cinéma et la littérature et un hommage à la cinéaste égyptienne Atteyat al-Abnoudy.

Les deux rétrospectives du Festival de Cinéma Africain de Tarifa

Parmi les moments attendus de cette édition, citons Entre l’encre et l’écran, une rétrospective qui se penche sur la relation entre la littérature et le cinéma regroupant seize films produits entre les années 60 et aujourd’hui, et tournés dans des pays comme le Sénégal, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Mauritanie, le Burkina Faso, l’Algérie, l’Angola, le Maroc et Cuba. Parmi les cinéastes des films sélectionnés, citons quelques figures historiques comme Ousmane Sembène (Sénégal), Med Hondo (Mauritanie) ou Djibril Diop Mambéty (Sénégal) ; et d’autres plus contemporaines, comme Dani Kouyaté (Burkina Faso) ou Mariano Bartolomeu (Angola), entre autres. Parmi les auteurs des œuvres littéraires adaptées se trouvent Naguib Mahfuz (Égypte), figure emblématique du nouveau roman arabe, Abdoulaye Mamani (Nigéria), Moussa Diagana (Mauritanie), Assia Djebar (Algérie, pseudonyme littéraire de Fatema Zohra Imalayen), Malek Alloula (Algérie) ou Mia Couto (Mozambique), l’un des auteurs les plus marquants de notre époque.  

Le FCAT consacre aussi un focus à la cinéaste égyptienne Atteyat al-Abnoudy (1939-2018) considérée comme la « mère du documentaire égyptien » et l’une des réalisatrices pionnières du monde arabe. Surnommée la « cinéaste des pauvres », sa décision de filmer les gens dans leur vie quotidienne de dur labeur et de précarité fit un scandale à une époque où le cinéma était perçu par les autorités comme une arme de propagande.

Sections officielles du FCAT : 20 titres de 18 pays africains 

La présence africaine dans les grands festivals internationaux a permis une belle récolte de films du continent. La sélection officielle de longs-métrages du FCAT, Hypermétropie, propose des films du Rwanda, de Tunisie, d’Égypte, d’Haïti, du Mali, de la Réunion, d’Éthiopie, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et, pour la première fois, un film de Sao Tomé-et-Principe. 

Les dix titres qui composent Hypermétropie sont parmi les plus audacieux sur le plan formel et imprégnés d’une grande poésie visuelle. La plupart sont des œuvres de jeunes réalisateurs, des films qui dialoguent entre eux sur les questions de l’exil, du rêve d’un lieu idéalisé (Faya Dayi, de Jessica Beshir, Éthiopie) au déracinement et à la violence du pays d’accueil (Lèv la tèt dann fenwar, d’Érika Étangsalé, La Réunion) et à la lutte des immigrés pour leur dignité et leurs droits (Xaraasi Xanne, de los malienses Bouba Touré et Raphaël Grisey). 

Des films qui proposent une représentation des femmes éloignées des clichés (Black Medusa, d’Ismaël et Youssouf Chebbi, Tunisie), de leur émancipation (Feathers, d’Omar El Zohairy, Égypte) et (Freda, de Gessica Géneus, film d’Haïti), mais qui rappellent aussi la nécessaire libération des hommes de leurs propres carcans mentaux (Une histoire d’amour et désir, de la tunecina Leyla Bouzid).

Des films qui reviennent sur les traumas et les épisodes oubliés de l’Histoire (le documentaire Constelaçoes do Equador, de Silas Tiny, premier film de Sao Tomé-et-Principe sélectionné au FCAT); un portrait des inquiétudes et des aspirations de la jeunesse (Nous, étudiants!, de Rafiki Fariala, de la République Centrafricaine); ou la projection d’une vision afro-futuriste, anticolonialiste, anticapitaliste et queer du continent (Neptune Frost, de la Rwandaise Anisia Uzeyman et de l’Afro-américain Saul Williams). 

En bref, la sélection officielle consacrée au court-métrage, demeure un incubateur de talents venus du continent africain, avec des titres qui traitent de la violence coloniale (Écoutez le battement de nos images, de Audrey & Maxime Jean-Baptiste, Guyane Française), de la violence de la représentation coloniale (Kapita, de Petna Ndaliko, République Démocratique du Congo) et de la résistance à la domination coloniale (Mangrove School, de Filipa César & Sónia Vaz Borges, Guinée Bissau, Portugal).

Ils parlent aussi d’autres violences, celle de la guerre (Vou Mudar a Cozinha, d’Ondjaki, Angola) et celle faite aux femmes (Imuhira, de Myriam Uwiragiye, Rwanda) et (Microbus, de Maggie Kamal, Égypte); la violence émotionnelle de quitter l’enfance (Astel, de Ramata-Toulaye, Sénégal) ; la violence de l’exil et du déracinement (Egúngún, d’Olive Nwosu, Nigéria). L’humour n’est pas non plus absent de cette sélection, que ce soit à travers le méta-ciné (The Unusual Kinky Quaint Peculiar Weird Strange Rum Queer Odd and Bizarre Day of a Shadow Man, d’Hary Joel, Madagascar) ou le réalisme magique (Precious Hair & Beauty, de John Ogunmuyiwa).

En outre, mentionnons aussi La Troisième Racine, une section parallèle consacrée aux diasporas africaines en Amérique Latine. La 19ème édition du festival sera marquée par la présence dans cette section de films de la République Dominicaine, où l’héritage culturel de l’Afrique imprègne tous les aspects de la vie de ce peuple.

Le film d’ouverture et le film de clôture de la 19ème édition 

Le film d’ouverture de cette édition du festival, le documentaire Marcher sur l’eau (Aïssa Maïga, 2021), une coproduction entre le Niger et la France dont le récit se passe dans le village de Tatiste, au Niger, où Houlaye, une adolescente de 14 ans, et d’autres enfants, parcourent des kilomètres pour aller chercher l’eau dont le village a besoin pour survivre. Le vendredi 3 juin, après la cérémonie de remise des prix de la 19ème édition du FCAT, sera projeté le film de clôture, La Femme du fossoyeur (Khadar Ayderus Ahmed, 2021), un film somalien présenté à la Semaine de la Critique de Cannes l’année passée. Un portrait tendre sur un couple de Djibouti confronté à un grave problème de santé. 

L’affiche du festival, une œuvre de l’artiste italo-sénégalaise Maïmouna Guerresi

L’affiche de cette édition a été réalisée par Maïmouna Guerresi, une artiste multimédia italo-sénégalaise et autrice d’une œuvre imprégnée de spiritualité soufie. L’œuvre, qui appartient à la série Aïsha au pays des merveilles, apporte une énergie féminine très présente dans cette puissante image qui évoque « le métissage culturel et spirituel ». 

 

Industrie et formation au FCAT 

Cette édition accueillera de nouveau le workshop de postproduction FCAT LAB, qui offre son soutien à des projets de longs-métrages venants d’Afrique par l’intermédiaire de prix. Le FCAT LAB 2022 se déroulera en ligne dans le cadre des actions programmés dans l’Arbre à Palabres, un espace consacré aux activités professionnelles et de formation du Festival de Cinéma Africain – FCAT. 

Par ailleurs, l’Institut du Cinéma et des Arts Audiovisuels (ICAA) organisera à Tarifa un showcase au cours duquel cinq entreprises espagnoles de services de postproduction, se présenteront devant des producteurs et réalisateurs africains. Cet évènement aura lieu de manière présentielle et en streaming. 

Mentionnons également le Cours de Cinéma Africain, intitulé Portraits rêvés. L’art narratif dans les cinémas africains, un cours approfondi sur l’évolution et les caractéristiques des cinémas africains, donné par le programmateur et critique de cinéma Javier H. Estrada (Espagne). Tous les auteurs qui seront analysés dans ce cours partagent un esprit iconoclaste, ce sont d’authentiques rénovateurs esthétiques qui ont observé avec un regard profondément critique les réalités de leurs pays. Au cours de quatre séances seront abordées des cinématographies comme celles du Mali, d’Égypte, de Tunisie ou d’Angola, en soulignant leur pertinence passée et présente. 

Le Festival de Cinéma Africain-FCAT est le festival de cinéma africain et des diasporas le plus important dans le monde hispanique et il possède des archives de films africains sous-titrés en espagnol de plus d’un millier de titres. 

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