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Le cinéma andalou arrive au Festival de Tarifa

Paula Palacios, réalisatrice de Cartas mojadas ; Alejandro Salgado, réalisateur de Barzaj et Kenia Mestre, actrice principale de Cachita, la esclavitud borrada nous accompagnent lors de la journée la plus andalouse du FCAT

Le FCAT LAB commence avec une classe magistrale sur le marketing cinématographique donnée par Valentina Neumann

Tarifa, le 2 juin 2021. Aujourd’hui, le cinéma andalou a le rôle principal au Festival de Cinéma Africain de Tarifa, avec la présence de cinéastes et d’équipes de plusieurs films présents dans la section ‘Miradas españolas’ (Regards espagnols). Le FCAT a reçu Alejandro Salgado, réalisateur de Barzaj ; Paula Palacios, réalisatrice de Cartas mojadas et Kenia Mestre, actrice de Cachita, la esclavitud borrada.

Barzaj, d’Alejandro Salgado, mot en arabe qui signifie quelque chose comme « limbes », l’état intermédiaire entre deux choses, tourne autour de ce limbe de nuit qui parait éternelle. Face à un horizon maritime incertain, un groupe de jeunes désignés comme « MENAS » attendent à Melilla le moment de rejoindre l’Europe. Une collection de moments traversés par l’espoir, les temps morts (entre le désir et l’avenir) de jeunes libres et rebelles que le réalisateur sévillan dépeint avec un mélange rare de vérité et de poésie. 

Selon Alejandro Salgado : « Cela a été un exercice filmique très pur, nous avons découvert le film que nous voulions faire au moment de le filmer. Tout a été très vivant et vibrant ». « L’intention de Barzaj se base sur un pari radical mais aussi nécessaire. C’est un pari pour un cinéma qui aspire à être transformé et à générer un dialogue avec le spectateur. Nous voulons que le film produise un environnement, un contexte d’échange », a expliqué le réalisateur lors de sa visite à Tarifa.

Cachita, la esclavitud borrada (Cachita, l’esclavage effacé), d’Álvaro Begines, est un documentaire qui récupère la mémoire de l’esclavage noir en Andalousie, un puissant héritage qui a survécu aux flous de l’histoire. C’est pourquoi tous ceux qui brisent la chaîne la plus forte et la plus dangereuse qui puisse exister, celle de l’ignorance, sont dignes d’éloges. On sait peu de choses qu’il y eut en Espagne de très nombreux esclaves noirs entre le XVIe et le XIXe siècle.

« C’est un film documentaire de fiction basé sur des faits réels sur l’esclavage en Espagne, depuis ses origines au XVI siècle jusqu’au XX siècle. Les trois personnages qui racontent cette histoire sont Pedro Blanco, le plus grand esclavagiste d’Espagne ; Juan Latino, le premier esclave devenant professeur à l’Université de Grenade, ou encore Cándida La Negra, la dernière esclave vivant en Espagne et qui meurt en 1951 à 106 ans. », raconte Kenia Mestre sur le film où elle interprète le personnage de Cándida La negra. « Les faits de l’esclavages en Espagne restent sous silence. Beaucoup de fortunes ont été forgées avec l’esclavage quand il était même interdit », a expliqué Kenya Mestre.

Cartas mojadas (Cartes trempées), de Paula Palacios, film nominé aux prix Goya comme ‘Meilleur documentaire’, suit l’équipage d’un bateau d’Open Arms qui se rend en Libye pour sauver des immigrants naufragés en Méditerranée. Produit par Isabel Coixet, il s’agit d’un film cru qui sert de témoin de ce qui se passe dans le voyage migratoire : la lutte entre les garde-côtes libyens et les embarcations de sauvetage des ONG européennes, les morts, le rejet à Lesbos. Mais également le traitement honteux que l’Europe donne à qui réussit finalement le miracle. « Il faut que la vérité se sache », dit Óscar Camps, réalisateur de Proactiva Open Arms, dont le bateau est également protagoniste.

« La sortie de Cartas Mojadas et son accueil ont réussi à me convaincre que le cinéma social est plus nécessaire que jamais. Le public veut savoir ce qui se passe là-bas, mais il faut que les cinéastes qui font des documentaires et surtout des documentaires militants et sociaux, les rendent aussi attirants que possible, avec une image soignée et une histoire qui entoure le public. Tant que nous ne séparerons pas complètement l’idée de cinéma social du style le plus propre du reportage, nous n’obtiendrons pas que notre message parvienne au plus grand nombre de personnes possible et c’est du moins ce qui m’intéresse. Changer de conscience n’est possible que si les gens qui ne connaissaient pas votre histoire la découvrent et les touche d’une manière ou d’une autre », a expliqué sa réalisatrice, Paula Palacios.

Abou Sene se trouve également à Tarifa aujourd’hui, acteur principal de Stolen Fish (Poisson volé), film présent dans la section ‘Miradas españolas’. Réalisé par la journaliste et cinéaste polonaise Gosia Juszczak, sa demi-heure est suffisante pour reconnaître une voix ferme de sa créatrice.

De plus, le FCAT LAB a également démarré aujourd’hui avec une masterclass sur le marketing digital du cinéma indépendant, de la main de Valentina Neumann, de l’agence allemande Alphapanda et Community manager des Prix du cinéma européen (EFA Awards).

À travers les études de cas d’un projet cinématographique, Neumann se concentre sur la façon dont des campagnes innovantes peuvent atteindre différents publics cibles. Dans cette série de séminaires de formation professionnelle destinés à promouvoir le cinéma en tant qu’industrie, qui ont eu lieu à Zoom et retransmis en streaming par Youtube Live, s’est approfondi sur le secteur cinématographique et sur ce qu’il faut maîtriser pour réussir à positionner le cinéma africain dans nos marchés audiovisuels interconnectés et globaux d’aujourd’hui.

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