fbpx

La troisième racine : le cinéma de la diaspora

La tercera raíz (la troisième racine) traverse l’océan jusqu’en Amérique Latine mettant son centre d’attention sur l’ascendance africaine latino-américaine. Cette section pernet de mettre en relation, depuis la perspective cinématographique, la visibilité et l’invisibilité du noir dans un continent où la population d’ascendance africaine atteint les 200 millions de personnes avec un total de 625 millions de latino-américains. La diaspora africaine sera présente dans des films arrivant de la République Dominicaine, le Brésil, l’Argentine et la Colombie.

 

De la République Dominicaine arrive Miriam miente, de Natalia Cabral y Oriol Estrada. Miriam miente veut confronter l’audience au conflit universel qui peut surgir quand le désir individuel d’amour et de fraternité s’oppose au désir social de faire partie d’une communauté dans laquelle nous pouvons nous sentir acceptés et aimés. Dans une ambiance de célébration aristocratique kitch, Miriam Miente est un petit récit caribéen sur les races et classes sociales condamnées par les calamités historiques non résolues de sa société.

De plus, ce film a la particularité d’avoir des sous-titres spéciaux pour personnes sourdes, avec description de sons, du ton de voix, avec des couleurs distinctes selon le personnage et d’autres particularités.

 

Le film colombien Pacífico oscuro (Pacifique obscure), qui sortira en Espagne dans le cadre du FCAT, est signé par Camila Beltrán et dépeint les femmes qui ont fait un pacte avec les forces cachées pour apprendre à chanter. « Il y a longtemps, dans le Pacifique colombien, les femmes faisaient un pacte avec des forces mystérieuses pour apprendre à chanter. Peu à peu, tout ce que nous ont enseigné nos ancêtres est parti dans l’oubli et depuis lors, nous sentons que quelque chose nous manque », raconte la Bogotanaise basée à Cali Camila Beltrán.

Avant de commencer avec son projet de long-métrage en Colombie, la réalisatrice décida qu’elle voulait d’abord faire un court-métrage dans le pays et a choisi Cali comme scénario, car c’est une ville qui l’a toujours beaucoup intéressée.

Image de Pacífico oscuro

Pour sa part, Breve espejismo de sol (bref mirage de soleil), de Eryk Rocha, est une coproduction brésilienne signée par le fils de Glauber Rocha – pilier fondamental du cinéma novo des années 60 –. Paulo est un chauffeur de taxi qui parcourt chaque nuit les rues de Río de Janeiro à bord de son véhicule en location. Au cours de ces exténuantes journées de travail, il croise plusieurs symptômes d’une violence sociale croissante, depuis les messages de radio annonçant des assassinats de ses collègues jusqu’à la présence de certains passagers agressifs.

Un couple d’Argentins en vacances interprété par Inés Estévez et Luis Ziembrowski (excuse qui confirme le caractère de coproduction de Breve espejismo de sol), suivi par un chef d’entreprise ou une infirmière incarnée par Barbara Colen –vue récemment à Bacurau–.

Image de Breve espejismo de sol

Également du Brésil arrive Plaza Parisdirigé par Lúcia Murat, un thriller qui montre le conflit croissant entre Camila, une psychanalyste portugaise, qui arrive au Brésil pour développer ses recherches sur la violence, et sa patiente Glória, habitante d’une favela, dans un centre thérapeutique d’une université de Rio de Janeiro. Glória est liftière à l’université et a un passé d’une grande violence : violée par son père, elle ne lui reste que son frère Jonas, un dealer en prison, pour lui donner la protection qu’elle cherche. Le film montre une relation de contre-transfert, où la peur de l’autre domine la trame.

Le contexte est la ville de Río, qui se montre intense et violente, de la même manière qu’ils cassent les rues pour les réformes de ce qui fut les Jeux olympiques au Brésil.

Lúcia Murat, réalisatrice du film, a un grand parcours comme cinéaste et scénariste. Elle était militante contre la dictature, détenue pour la première fois en 1968 dans le congrès clandestin de la UNE (Union nationale des étudiants) et libérée quelques semaines après. En mars 1971, elle fut une nouvelle fois leur proie et énormément torturée. Elle fut trois ans et demi en prison. Dans la décennie de 1980, Lúcia s’est dédiée au cinéma et a dirigée plusieurs films, certains d’entre eux abordant la thématique de la dictature militaire, comme Qué bueno verte viva (quel bonheur de te voir vivante) en 1989, Casi dos hermanos (presque deux frères) en 2004 et La memoria que me cuentan (la mémoire qu’on me raconte) en 2013, le dernier s’inspire de la vie d’une autre militante et amie Vera Silva Magalhães.

Valeria Reyes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *